Politique municipale du FN-1- : Les centres sociaux : des équipements ouverts à tous et toutes dans le viseur des maires d’extrême droite

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Les centres sociaux, depuis leur création en France au début du 20ème siècle, sont des lieux de pratiques sportives et culturelles, auparavant réservées aux familles fortunées pouvant se payer des professeurs particuliers. Les centres sociaux, dans le but de favoriser l’accès à toutes les populations de ces activités, pratiquent des tarifs dégressifs selon les revenus. Ils sont aussi un lieu d’échange et de rencontres des personnes sur un territoire donné, brisant l’isolement et les replis sur la communauté ou la cellule familiale.
Dès le 25 Juin 2014 (soit peu après son élection), Stéphane Ravier, maire FN des 13è et 14è arrondissements de Marseille, déclarait : « Je refuse cette politique socialisante qui veut que l’on déverse des millions d’euros vers ces quartiers en nous faisant croire que cela va changer la nature de celles et ceux qui y habitent. Je refuse que les deniers publics soient utilisés dans ces zones criminogènes. » En y ajoutant : « Il n’y a pas beaucoup de Scandinaves dans (ces) quartiers de Marseille. »
Cette déclaration, brute de décoffrage, explique en partie les raisons pour lesquelles, comme leurs prédécesseurs, les maires FN et RBM ont, très rapidement après leur élection, fermé ou tenté de fermer des centres sociaux, en commençant par ceux des quartiers les plus populaires de leur ville.

S’ajoute aussi l’obsession des maires FN et RBM de la maîtrise des dépenses publiques, par des choix budgétaires orientés politiquement : à ce titre, la politiques du maire de Mantes-la-ville (Yvelines) est emblématique.
Le maire, Cyril Nauth, affiche nettement ses priorités : « Dans un contexte budgétaire contraint, on doit se recentrer sur les priorités : sécurité, école, propreté, baisse de la fiscalité ; ce n’est pas permettre le développement d’activités rap, hip-hop aux frais de la princesse »(Libération, 11 juillet 2015)
Les principales attaques portent sur les trois Centres de Vie Sociale (CVS) de la ville, qui dispensent accueil périscolaire, ateliers manuels, activités sportives, réunions, conférences, échanges, espace lecture, ludothèque, initiation à l’informatique, excursions estivales, aide juridique, etc. Pour lui, « les CVS coûtent chers et ne rapportent rien ... De toute façon, les CVS, ce n’est pas notre truc au Front national. Même le titre de centre de vie sociale a une connotation trop socialiste, voire soviétique ». La diminution notable de leur budget depuis deux ans entraîne la suppression de postes d’animateurs, l’arrêt de diverses activités et l’augmentation des tarifs demandés aux familles. Mais cela ne suffit pas, et c’est leur suppression que vise la mairie : non renouvellement de bail pour le CVS du Patio, transformation en salles de classe du CVS des Brouets. L’attaque contre le plus important, Augustin Serre, prend pour prétexte l’installation d’une Maison de Santé Pluridisciplinaire privée pour pallier la pénurie de médecins. La mairie profite de l’occasion pour tenter de récupérer à cet usage les locaux du CVS dont il veut se débarrasser. Mais la résistance des habitants s’organise : pourquoi faire un choix entre sa santé et son centre social ?

Le dernier argument des maires FN et RBM pour fermer les centres sociaux est celui de leur prétendue hostilité à l’égard de l’équipe municipale : l’exemple le plus frappant fut celui de la suppression, à partir du 31 décembre 2014, de la subvention du centre social de Villeneuve à Fréjus. Pour autant, 3 autres centres sociaux, non assimilé comme des « faux centres sociaux » par le maire, on aussi vu leur subvention réduire drastiquement, dès la première année de mandature de David Rachline. L’argument de l’opposition politique est donc bien un leurre.
A Béziers, le conseil municipal avait voté, lors de sa séance du 24 mars 2015, un budget primitif qui prévoyait d’accorder une subvention annuelle de 44 000 € à « Arc en Ciel », association s’occupant d’actions à caractère social et culturel dans le quartier populaire de La Devèze. Or, le maire a annoncé par un simple communiqué en date du 13 avril qu’il avait décidé d’arrêter le versement de cette subvention, à cause d’une prétendue « impossibilité de travailler avec cette association » (démarche par ailleurs illégale car la décision d’attribuer cette subvention avait été actée). A Marseille aussi, dans la mairie des 13ème et 14ème arrondissements, Stéphane Ravier et son équipe s’opposent au versement des subventions à certains centres sociaux de l’arrondissement (versées par la mairie centrale), en représailles à leur prétendu manque de « neutralité politique » à son égard.