Le fil conducteur d’une politique municipale FN : le leitmotiv de la baisse des impôts et de l’endettement

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Dès la campagne électorale de 2014 qui les a propulsés, les maires FN et Rassemblement Bleu Marine (RBM) l’avaient promis : la baisse des impôts locaux et la maîtrise des dettes municipales seraient leur préoccupation première. Le FN a fait de cette politique comptable libérale un argument politique majeur dans les différentes campagnes électorales, tant sur le plan local que dans son projet présidentiel.

Si on se penche sur les documents publics du parti présentant les bilans de ses municipalités, on est frappé par la quantité de chiffres présentés, sur la baisse ces impôts ou de l’endettement, dans les journaux municipaux, dans les communiqués des maires.
Les maires FN, en bons élèves du parti, se livrent à une grande « chasse aux coûts », et insistent lourdement sur leur gestion en « bons pères de famille ».

Cette gestion et son importance sont les conséquences d’une réflexion politique : elle ressemble fortement aux politiques d’austérité budgétaire que fustige par ailleurs le FN.

Rappelons que Marine Le Pen avait prétendu être une défenseure du service public lors de la campagne présidentielle de 2012. Son programme présidentiel, dans le même temps, prônait une réduction de l’endettement national et une baisse globale de la fiscalité.
L’analyse des politiques menées par les maires FN est donc importante car elle permettra d’avoir une idée de ce que fera le FN au plan national.

Derrière les chiffres, une politique municipale anti service publics

Baisser des impôts a une conséquence directe et simple : le budget de la ville, le « pot commun » sera moins important et l’équipe municipale aura un service public municipal moins développé.
Les municipalités peuvent aussi emprunter pour financer des investissements importants : le remboursement, comme pour tout emprunt, s’échelonne avec des intérêts à négocier. L’endettement d’une ville, s’il sert à financer des projets d’intérêt général, n’est donc pas un problème en soi : c’est son utilisation qui doit être débattue.
Il faut ajouter à cela une donnée importante : l’État redistribue de moins en moins d’argent aux collectivités locales. Le FN choisit donc d’alourdir cette tendance par ses choix politiques.

Le budget municipal permet de financer des équipements collectifs, des services communs.
Le service public municipal est un des biens communs de ceux qui n’ont rien. En effet, par le « pot commun », la culture, des aides sociales, les sports … sont accessibles au plus grand nombre.
Si ces services publics n’existent plus, chacun ramasse ses poubelles et nettoie son bout de rue, se débrouille pour faire jouer les enfants sur sa pelouse faute de parcs ou d’espaces verts aménagés, se débrouille pour payer des cours privés de sport ou de dessin, se débrouille pour faire garder les enfants...

La baisse des budgets disponibles implique aussi de faire des choix : quelles dépenses fera l’équipe municipale pour la collectivité, alors que son budget diminue ? Qu’est ce qui est une « bonne » dépense ou une dépense « inutile » ?

La réponse à cette question est politique : aucun des choix n’est anodin. Même des communes à budget réduit du fait de leur taille orientent une partie de leur budget selon leurs choix politiques.
Deux ans après leur arrivée aux affaires, quels sont les résultats des mairies FN en matière de services publics ?

Nous avons choisi cinq grandes lignes de la politique municipale du Front national et de ses alliés, dans les villes que ces partis d’extrême droite ont conquis depuis 1995, ou 2014 : Centre sociaux et équipements collectifs, écoles et périscolaire, action sociale municipale, logements.
Les choix politiques opérés par les municipalités sur ces thèmes influent directement sur les droits des femmes et l’égalité.

Indirectement, une politique municipale comme celle menée par les maires FN et RBM, réduisant les services publics municipaux, pour appliquer une cure d’austérité, touche en premier lieu les habitantes de ces villes.
Elles ne gagneront rien de plus à la gestion comptable de réduction des dépenses du FN, et encore moins à cette politique démentielle en matière de sécurité.
Dans une ville FN, les femmes ont plus à perdre qu’à gagner !