Politique municipale du FN-2- : Le paradis des enfants... s’ils ont les moyens

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Les municipalités ont la responsabilité de l’entretien et de la construction des écoles primaires. Elles organisent aussi les temps périscolaires (cantine, aides aux devoirs, activités…). La proportion du budget municipal mis dans les écoles est aussi un signe de la volonté d’une municipalité à s’occuper de l’avenir des enfants.
Sur ce sujet aussi, les maires FN et RBM se sont illustrés par des économies à la petite semaine, dès la première année du mandat, affectant directement les familles résidant dans la ville et leurs enfants.
Plusieurs des mairies FN ont rendu payants ou plus chers des services rendus aux élèves, dans le cadre de la vie scolaire.
Les mesures les plus emblématiques concernent l’accès à la cantine : les maires émettent un signal en direction des familles les plus pauvres. Pourtant, dans sa communication, le FN ne se revendique-t-il pas le parti des « petits » ?
Au Pontet, le maire FN a demandé au conseil municipal (du 25 juin 2014) de voter la fin de la gratuité de la cantine scolaire pour les familles aux plus bas revenus. A ces dernières sera proposé au mieux un demi-tarif, sur justificatif, parce que « ceux qui sont démunis ont des allocations qui leur permettent de payer la cantine », selon le maire. Cette gratuité de la cantine scolaire, dont bénéficiait jusqu’ici une centaine de familles au Pontet, permet de réaliser des économies de 30.000 euros sur un budget municipal de prés de 50 millions. Soit une goutte d’eau.
A Villers-Cotterêt (Aisne), le maire, lui, a décidé d’augmenter le prix du repas pour tous dès 2015. A Fréjus et Cogolin (Var), c’est en 2016 que la mesure a été prise.
A Beaucaire (Gard), la publication officielle de la municipalité, ’Beaucaire Magazine’ (numéro de février 2015), a ouvertement ciblé les « parents profiteurs », qui abandonneraient leurs enfants à la cantine scolaire sans paiement préalable. Outre des menaces de signalement au procureur de la république, le maire annonce donc interdire d’accès à la cantine les enfants dont les parents n’ont pas payé.
Ce même argumentaire sera aussi développé par le maire de Mantes-la-ville en 2016 : L’accès à la restauration scolaire est désormais à tarif unique, sans prendre en compte le quotient familial. Un courrier de la mairie a été envoyé aux habitants qui lui doivent de l’argent pour leur indiquer qu’ils n’auraient plus accès aux services municipaux, y compris à la cantine scolaire ou à la crèche.

Les activités périscolaires représentent une dépense comme une autre dans une mairie FN ou RBM, sur laquelle on peut se permettre de faire des économies.
Ainsi, par une décision du 27 mai 2014, la municipalité de Béziers réservait la participation aux activités périscolaires aux seuls enfants dont il est prouvé que les deux parents travaillent. Les enfants dont au moins un parent est au chômage étant, de la sorte, exclus. Dans le même temps, la mairie a supprimé une « étude surveillée » de 7h35 à 8h30, pour la remplacer par un simple « accueil » des enfants du primaire sans activité pédagogique. L’étude avant le début des classes était fréquenté, jusque-là, par 320 élèves (sur un total d’environ 6.000).
A Beaucaire, le 2 février 2015, Julien Sanchez justifie ainsi au ‘Figaro’, l’arrêt de toutes les subventions à la « Maison du vivre ensemble » (centre socio-éducatif qui assurait un soutien scolaire aux enfants) : « Si ces personnes ont besoin de soutien parce qu’elles ne parlent pas le français, ce n’est pas mon problème, ce n’est pas à nous de payer ! » .La « Maison du vivre ensemble », qui accueillait jusque-là une centaine d’enfants en soutien scolaire, a dû fermer ses portes le 28 janvier 2015.
A Mantes-la-Jolie aussi, le périscolaire a été rendu payant.
A Fréjus et Cogolin, en 2016, dès septembre 2016, il n’y aura plus d’études du soir payées par la commune aux instituteurs, ils seront remplacés par des bénévoles, non formés et difficiles à trouver pour s’engager de manière quotidienne sans être rémunérés.
A la mairie de Villers-Cotterêts, le 14 février 2015, Franck Briffaut a déclaré qu’il était « contre la gratuité totale des transports scolaires » parce que cela constituait, à ses yeux, une « déresponsabilisation » . A Hayange, la même année, le maire rends les frais du transport scolaire plus chers. A Fréjus et Cogolin, en 2016, les familles voient la fin aussi de la gratuité des transports scolaires. Toujours à Cogolin, le transport des enfants par les cars communaux pour des activités hors des murs (piscine, voile, sorties éducatives etc....) sera supprimé au profit d’une entreprise de cars privée.

A Bollène (Vaucluse), dirigée par la « Ligue du Sud », à la rentrée 2015, dans le quartier de la Croisière, les parents d’élève de l’école Gabriel-Péri et l’association de quartier s’opposent farouchement à la « réorganisation » des postes de gardiens / gardiennes des écoles. Le nombre de postes d’ATSEM (Agents territoriaux spécialisé-e-s des écoles maternelles) a été divisée par deux. Les parents d’élèves se plaignent d’une menace pour la sécurité des enfants, le poste de concierge de l’école Gabriel-Péri ayant été concrètement supprimé. Ce gardien s’était occupé, auparavant, aussi bien de la sécurité des personnes, des locaux, mais aussi de l’entretien du quartier. En juin 2015, la maire Marie-Claude Bompard avait promis que la sortie des élèves serait, à l’avenir, « assurée par la police municipale ».. Aucun agent n’a été vu, depuis la rentrée 2015 (et jusqu’à début octobre), aux abords de l’école.
A Cogolin, la mise à disposition gratuite de dictionnaires aux élèves a été supprimée. De façon générale, les budgets des écoles pour l’achat de manuels scolaires et de fournitures ont baissé de 20 %, tant à Cogolin qu’à Fréjus.

En début d’été 2016, la mairie d’Hénin-Beaumont, décide de fermer pendant les mois de juillet et août le Centre d’Animation Jeunesse (CAJ)... pour faire face aux coûts de l’opération « Hénin-Beaumont plage ». Cette dernière, d’une durée d’un mois, coûterait 300000 euros, alors que le budget annuel du CAJ ne dépasse pas quelques dizaines de milliers d’euros. Surtout, les bénéficiaires ne sont pas les mêmes, le public de l’opération ’ Au bord des eaux ’ étant essentiellement adulte. Le 31 mai 2016, des jeunes résidant à Hénin-Beaumont ont publié en ligne une pétition, afin de réagir à cette décision et pour protester contre la fermeture. Une réaction qui a suscité la colère de l’adjoint au maire, Bruno Bilde.
Enfin, les mairies FN ne brillent pas par leur volonté de bâtisseurs d’écoles : A Mantes-la-Ville, en 2016, il n’est plus question de construire un groupe scolaire dans le nouveau quartier Mantes Université, où la population augmente. Les élèves n’auront qu’à se serrer : « Nous allons voir si nous ne pouvons pas mettre les petits Mantevillois dans les écoles existantes avant de construire 17 classes. Depuis deux ans, la gestion du maire de Villers-Cotterêts est marquée aussi par un grand attentisme. Aucun projet. Les travaux nécessaires pour la crèche, la cantine scolaire ou la voirie sont suspendus... juste quelques coups de peinture en urgence.