Quel temps de travail pour les femmes ?

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Marine Le Pen évoque souvent le fait que les femmes sont des « variables d’ajustement de l’ultra libéralisme échevelé » et subissent horaires « dérégulés » et emplois du temps fractionnés pour de faibles salaires. Certes, et nous le dénonçons aussi, bien évidemment !
Mais partager le constat n’engage à pas grand chose, d’ailleurs Marine Le Pen le dit elle-même : « Les inégalités salariales, personne n’est d’accord ». Ce qui est important, c’est de mettre en avant des propositions pour des mesures concrètes, afin d’améliorer la situation des femmes et de combattre les inégalités, et ça, le FN ne le fait pas. http://droitsfemmescontreextremesdr...
Que revendiquons-nous pour les femmes ? Y a-t-il un temps de travail idéal, qui leur permettrait à la fois de conserver une activité sociale (en dehors de la sphère domestique) et rémunérée, et d’accomplir les tâches du quotidien familial, dont on sait qu’elles leur incombent encore à 80 % ?
Mais pourquoi la question de la « conciliation » entre la vie professionnelle et la vie privée ne se poserait-elle qu’aux femmes ?
On parle souvent de temps partiel subi, imposé par l’employeur, et de temps partiel choisi… Mais le temps partiel « choisi » l’est-il vraiment, ou n’obéit-il pas en réalité aux injonctions plus ou moins larvées que la société adresse aux femmes, afin qu’elles soient de « bonnes mères » ?
Ne perdons pas de vue que le temps partiel, comme le congé parental, est une des causes de la précarité croissante des femmes, des inégalités salariales entre les femmes et les hommes, et qu’il a aussi des conséquences douloureuses en termes de pensions et de retraites !
Oui, le temps partiel pénalise les femmes ! [1]

La solution est simple : il faut réduire le temps de travail pour toutes et tous ! C’est un levier essentiel de l’émancipation [2]. Nous revendiquons évidemment cette réduction du temps de travail sans perte de salaire. Elle aurait de plus pour conséquence de faire baisser le chômage (malgré ce que prétendent ses détracteurs). Diminuer le temps de travail permettrait aux femmes comme aux hommes de consacrer davantage de temps à leur famille, mais aussi à leurs loisirs, à leurs engagements associatifs, syndicaux, politiques. L’égalité a tout à y gagner.

Autre levier d’action : la création de centaines de milliers de places en crèches, grâce au développement d’un service public de la petite enfance qui offrirait un accueil gratuit à toutes les familles. Dans le contexte actuel, cela créerait de plus des milliers d’emplois majoritairement occupés par des femmes… et contribuerait à un meilleur financement de la protection sociale pour toutes et tous !

Ces solutions, à contre-courant des orientations libérales, nécessitent de se pencher sur une autre répartition des richesses… ce que le FN n’envisage évidemment pas !!

[1Pour des explications plus complètes : Le féminisme pour changer la société, Attac / Fondation Copernic, sous la direction de Christiane Marty, Syllepse.

[2idem