Pour une éducation émancipatrice : éduquer à l’égalité et à la sexualité

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Les réactionnaires de tous bords prennent souvent pour cible l’École, et fustigent particulièrement l’éducation à l’égalité (on se souvient de la levée de boucliers contre les ABCD de l’égalité !), et l’éducation à la vie affective et sexuelle, taxée d’immoralité, voire d’être une incitation à la « débauche ». Plus largement, ils dénient à l’École son rôle éducatif, disant qu’elle ne devrait s’occuper que de l’instruction des enfants et des jeunes. On retrouve là un invariant du discours que les extrêmes droites tiennent sur l’École publique et laïque depuis le XIXe siècle.

Le 15 juin 2016, Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l’Égalité, rappelait le droit fondamental de chaque jeune à bénéficier d’une éducation à la sexualité de qualité, et la responsabilité particulière de l’éducation nationale en la matière.

Oui, il faut informer les filles et les femmes des moyens qui permettent de contrôler leur fécondité, c’est une condition essentielle à leur autonomie. Oui, il faut agir par la prévention contre les grossesses non désirées, contre les infections sexuellement transmissibles.

Mais l’éducation à la sexualité ne doit pas se limiter à l’étude de la reproduction humaine, ni aux seuls objectifs sanitaires, elle doit aussi avoir une approche « globale et positive » de la sexualité, pour reprendre les termes de Mme Bousquet, qui prenne en compte les affects, le désir et le plaisir, et elle doit œuvrer à l’égalité.

Il faut promouvoir une éducation à l’égalité des sexes et des sexualités, qui prenne en compte la diversité des orientations sexuelles, et des identités de genre. Il faut insister sur le droit à disposer librement de son corps et de sa sexualité, sur le respect mutuel entre les partenaires, sur le consentement et le désir partagé. Dans ce cadre-là aussi il faut déconstruire les stéréotypes de genre et de rôles sexués, en particulier ceux qui décrivent deux sexualités distinctes, réservant les sentiments aux femmes et le plaisir physique aux hommes.

Oui, c’est bien le rôle de l’école d’agir dans une logique de prévention des discriminations et des violences sexistes et sexuelles, c’est bien le rôle de l’école d’assurer l’éducation à l’égalité, et l’éducation à la vie affective et sexuelle, bien loin de l’ordre moral, dans une perspective d’émancipation de toutes et tous !