De quelques groupuscules féminins d’extrême droite

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Les mouvements d’extrême droite qui se destinent à réfléchir sur la place des femmes dans notre société sont rares. Ceux qui existent aujourd’hui ont été créés à la suite des « manifs pour tous », et seuls deux sont relativement pérennes.
Les Caryatides, créées au sein de l’Oeuvre Française, et maintenant chapeautées par le Parti Nationaliste Français, rassemble des femmes se revendiquant du pétainisme : « Le nationalisme, ensemble des forces vitales qui résistent aux forces de destruction qui veulent la mort de la nation, est une éthique : c’est un art de vivre personnel, selon les traditions nationales, dans la tempérance ; fondé sur le réel, l’expérience et les enseignements de l’histoire, le nationalisme rejette la société démocratique réduite à sa seule dimension matérielle et consumériste pour affirmer et promouvoir un mode de vie nourri de spiritualité dans le cadre des lois de l’Ordre universel créé au sein duquel vit l’être humain. » [1] Elles pensent donc en suivant cette éthique nationaliste que la place de la femme est en retrait par rapport à celle de l’homme, et au foyer à élever les enfants : « Nous sommes l’arrière-garde pour encourager, soutenir et panser les blessures des militants qui vont au combat chaque jour contre ce système qui ne peut être amendable ! Nous sommes le levain de la pâte, le feu qui réchauffe, la lumière qui éclaire, les éducatrices des enfants de la Nation, les militants de demain. ». Ça a le mérite d’être clair.

A la suite de l’écologie humaine, les Antigones de leur côté appartiennent à la génération suivante. Ce think-tank est composé de femmes d’horizons diverses mais qui appartiennent toutes à des mouvances d’extrême droite soit identitaires, parfois royalistes, traditionalistes néo-païennes ou chrétiennes. Après s’être décrites au départ comme « filles de nos pères, épouses de nos maris, mères de nos fils », elles revisitent en suivant la pensée d’Edith Stein la complémentarité des sexes, rejetant sans ambiguïté « la théorie du genre » et, sans les comprendre, les féminismes actuels [2] réduits à Simone de Beauvoir et à Femen. Si elles ne veulent pas renvoyer les femmes à la maison (« L’action au sein de la société est commune à l’homme et à la femme. Si l’Homme est un animal politique, la femme n’est pas un animal domestique : loin d’être limité au foyer et à ses extensions, son champ d’action s’étend à la société dans son ensemble. » [3], elles associent cependant fortement « la » femme à la maternité. Héritières non assumées de la Nouvelle Droite d’Alain Soral, elles sont anticapitalistes, écologistes, tout en s’opposant à la liberté des femmes, en premier lieu leur liberté à disposer de leur corps. Elles s’opposent donc à l’avortement, la PMA, etc..

Malgré leur faible poids politique, les différences entre les Caryatides et les Antigones sont intéressantes car elles marquent l’évolution et la diversité des extrêmes droites dans leur pensée sur les femmes. Cependant, les deux mouvements ont en commun le rejet, au nom du conservatisme ou d’une idéologie réactionnaire, de tout progrès pour les femmes qui irait à l’encontre de la tradition française ou européenne, avec un point de vue identitaire. Elles laissent ainsi intactes la hiérarchie qui existe entre les femmes et les hommes dans ses différentes manifestations : violences sexuées et sexuelles, absence d’autonomie financière, inégalités (avec les hommes et entre les femmes) etc.